1 avril 2026

Portrait d'un ultra-trailer : rencontre avec Ludovic

Pour ce portrait, nous avons eu le plaisir d’échanger avec Ludovic, Architecte Technique dans la practice Application chez Claranet depuis environ 11 ans, et passionné d’ultra trail. Il nous raconte comment cette discipline extrême s’est imposée dans sa vie, et ce qu’elle lui apporte au quotidien, aussi bien sur le plan personnel que professionnel.

Ludovic, comment as-tu découvert la course à pied, puis l’ultra trail ? 

J’ai commencé la course à pied un peu par hasard, au lycée, lors des épreuves du bac. À l’époque, je jouais surtout au foot, donc courir ne me faisait pas peur, mais c’était sur un terrain, pas en endurance ! J’ai vraiment pris goût à la course en m’entraînant avec des amis, puis à 23 ans, après avoir arrêté le foot, je me suis mis à courir de façon plus régulière.

Le déclic pour l’ultra trail est venu juste avant le COVID, en regardant une course à la télévision. Voir des coureurs partir pour 20 ou 30 heures d’effort en montagne m’a fasciné. J’ai eu envie de me lancer ce genre de défi. Depuis, je me suis fixé des objectifs toujours plus ambitieux, comme participer à l’Ultra Trail du Mont-Blanc, la course mythique de la discipline.   

En quoi consiste un ultra trail, et comment t’entraînes-tu dans la région lilloise ? 

L’ultra trail, ce sont des courses de plus de 100 km, souvent en montagne, parfois jusqu’à 180 km. Cela représente entre 20 et 50 heures de course non-stop, avec des dénivelés impressionnants. Même si Lille n’est pas réputée pour ses montagnes, il y a des solutions : je m’entraîne sur les terrils du Pas-de-Calais, dans les Monts des Flandres ou dans les Ardennes belges le week-end. Je cours entre 10 à 13 fois par semaine, souvent le midi avec les collègues, puis le soir pour des séances plus spécifiques (fractionné / seuil), et je fais aussi partie d’un club d’athlétisme. 

Comment arrives-tu à concilier ton métier, ta vie personnelle et ce rythme sportif intense ? 

C’est vrai que ça demande de l’organisation. L’an dernier, j’ai passé près de 700 heures à courir, soit quasiment 28 jours complets ! Mais c’est devenu une routine. Le sport structure mes journées et m’aide à faire une vraie coupure après le travail. Courir me permet de prendre du recul, de clarifier mes idées, et parfois même de trouver la solution à un problème sur lequel je bloque au bureau ! C’est aussi un moment pour moi, qui me permet de décompresser, avant de profiter de ma soirée en famille ou entre amis. 

Qu’est-ce que l’ultra trail t’apporte dans ton quotidien et dans ton travail ? 

L’ultra trail m’a appris la rigueur, la gestion du temps, la détermination et la capacité à aller au bout de mes objectifs, même quand c’est difficile. Ces qualités me servent aussi dans mon métier : savoir gérer la pression, garder la motivation sur la durée, relativiser les difficultés et improviser face aux imprévus. C’est un vrai parallèle avec la vie professionnelle, où il faut parfois s’accrocher et avancer étape par étape. 

Une course ou un souvenir marquant ? 

Mon premier 100 miles (160 km) en Alsace reste inoubliable. 28 heures d’effort, c’est une aventure humaine et physique hors du commun ! L’UTMB était aussi un rêve, que j’ai eu la chance de réaliser. Mais il y a aussi des moments plus compliqués, comme enchaîner deux ultras en un mois, ce qui m’a mis à rude épreuve. J’ai même une anecdote : lors de cette course, épuisé, je me suis arrêté pour simplement fermer les yeux 10 minutes, sans vraiment compter dormir… Oubliant de mettre un réveil, je me suis réveillé deux heures plus tard, complètement désorienté ! 

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Comment gères-tu les moments de doute ou de fatigue ? 

Il y a toujours des phases de doute, parfois longues. Avec l’expérience, j’ai appris à les traverser, à accepter que ça fasse partie du jeu. On sait que ça va passer, alors on s’accroche, on avance, et le plaisir revient. C’est aussi une belle école de patience et de gestion mentale. 

Quelles sont les clés pour progresser en ultra trail ? 

Ne pas se mettre de barrières ! Beaucoup pensent qu’ils n’en sont pas capables, mais avec de la patience et de la progression, tout le monde peut y arriver. Il faut y aller étape par étape, augmenter progressivement le volume, et surtout ne pas brûler les étapes pour éviter les blessures. L’important, c’est d’avoir envie et de se lancer. 

Le trail, c’est aussi une aventure collective ? 

Oui, même si la course est un effort individuel, ça se partage aussi. Par exemple, chez Claranet sur le site de Lille, on retrouve une vraie communauté de coureurs. On partage nos entraînements, nos courses, on s’encourage mutuellement. L’année dernière, nous sommes même partis faire un trail de 60 kilomètres tous ensemble en Belgique. J’aide aussi certains collègues à préparer leurs objectifs, comme un semi-marathon. C’est motivant et ça crée du lien, même au travail. 

Tes prochains défis ? 

Je me suis consacré pendant un moment aux courtes distances, ce qui m’a permis de me qualifier pour les Championnats de France du 10 km. Là, je fais une petite pause sur la vitesse pour repartir sur un ultra : la traversée de Madère (120 km) en avril. Ensuite, je reviendrai sur du court pour les Championnats de France du 10 km en mai, puis j’aimerais essayer de réaliser mon premier temps « officiel » sur marathon cet automne. 

Un mot de la fin ? 

L’ultra trail m’a permis de voyager, de rencontrer des gens passionnés, de découvrir des paysages incroyables, mais aussi de mieux me connaître. C’est une aventure qui m’apporte énormément, aussi bien dans ma vie personnelle que professionnelle.